UNE IMBÉCILLITÉ DE « FRANCITÉ » (Par Abdoulaye Diouf)

■ Je n’aime pas la langue française. Ainsi, ses règles je les respecte au gré de mon bon vouloir. car, même si l’erreur n’était point humaine, je n’y verrais point mes fautes clouées au pilori sous prétexte que, j’aurais commis un crime de lèse-majesté à l’endroit de ce « salopard » de Molière.

D’ailleurs, de son vivant, avait-il une once de considération pour ma langue maternelle ? Zéro !
En plus de traiter mes ancêtres de « sales nègres », il n’a pas pu s’empêcher, en bon impérialiste, de qualifier la façon dont nous nous exprimons de « dialectes ». Comme quoi, c’est eux les « Grands » et nous les « petits ». Par conséquent, ils doivent nous dicter la conduite à tenir.

Quand j’entends un « abruti » balancer au coin de la rue ou sur les réseaux sociaux les expressions du type « Molière doit se retourner dans sa tombe » je ne puis m’empêcher de m’esclaffer de rire ! Il s’imagine peut être qu’en parlant le « francique » mieux que De Gaulle, il aura une récompense de la part des gaulois.

Calfeutré dans l’aliénation, son âme est en émoi lorsqu’il commet une faute de grammaire. Il en pleure toutes les larmes de son corps à telle enseigne qu’il en perd le sommeil. Pendant ce temps, quand sa grand-mère lui parle en langue vernaculaire, il y répond à peine avec un accent de « petit parisien ». Car, convaincu qu’en persévérant dans cette voie, cette dernière encore emmurée dans l’ignorance finira comme lui, un jour, par devenir blanche.

Je ne suis pas français et je ne serai jamais. Pour votre gouverne, j’aurai souhaité ne jamais avoir à parler cette langue de merde qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a rien apporté à mon peuple. D’ailleurs, même en matière de langue la France demeure voleuse. Les mots « boubou » ; « marabout » pour ne citer que ceux-là ne font que garnir les dictionnaires de la « pseudo académie française».

Depuis que j’ai commencé à m’exprimer, à écrire le français qu’ai-je gagné ? Rien ! Surtout ne me parlez pas de votre imbécillité d’hybridité, surtout ne me parlez pas de votre imbécillité de modernité, surtout ne me parlez pas votre imbécillité de globalité car, dans ce semblant d’égalité planétaire, mon Afrique demeure toujours dans une extrême précarité.

Cette imbécile de France, ne cesse de nous servir des chefs télécommandés pour demeurer maîtresse de son pré-carré. Alors, arrêtez de me faire la leçon sur cette IMBÉCILLITÉ DE FRANCITÉ.

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