Tensions USA – IRAN|Coup de com et main tendue… de Donald Trump

Le président américain a annoncé de nouvelles sanctions économiques, refusant ainsi la possibilité d’une réponse militaire en Iran.

Donald Trump était d’humeur « enjouée » ce mardi, racontait plus tôt dans la journée le sénateur Républicain James Inhofe. Il n’y avait pourtant pas de quoi : il venait d’apprendre quel’Iran avait riposté après la mort de son général Qassem Soleimani par des tirs de missiles sur des bases américaines. Alors que le monde entier a retenu son souffle pendant les heures qui ont suivi, appelant à la désescalade, Donald Trump a finalement joué l’apaisement dans son allocution tenue à la mi-journée depuis la Maison blanche.

Dans une mise en scène digne de Hollywood, entouré des plus hauts responsables de l’Etat-major américain, le président a ouvert son discours en se félicitant qu’« aucun Américain n’a[it] été blessé dans les attaques ». Donald Trump a continué en annonçant l’imposition immédiate de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran, mais n’a pas évoqué de réponse militaire aux attaques. Une mesure qui éloigne, pour l’heure, le spectre d’une escalade régionale, voire d’une guerre ouverte entre Washington et Téhéran.

Un coup de com’ pour Donald Trump

« C’était ce qu’on attendait : une très grosse opération de communication. Donald Trump a détaillé ses actions en montrant qu’il était résolu, déterminé mais qu’il savait aussi tendre la main », note Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l’Université de Paris II Assas, spécialiste des Etats-Unis.

« C’est bon signe, c’est un scénario positif : les deux pays ont montré leurs muscles, maintenant, ils peuvent commencer à parler », confirme Thierry Coville, chercheur à l’Iris et spécialiste de l’Iran.

Dans son discours, Donald Trump s’affiche en vainqueur et en patriarche. « Tant que je serai président des Etats-Unis, l’Iran ne sera jamais autorisé à avoir l’arme nucléaire », a promis le président, avant de se réjouir que l’Iran semble « reculer ».

« Dans la tête des Américains, en entendant ce discours, c’est l’Amérique qui sort vainqueur. C’est l’idée que Donald Trump a voulu faire passer dans son allocution », continue Jean-Eric Branaa. Une apparente victoire qui pourrait lui être utile en pleine campagne pour sa réélection en 2020.

Sursaut de nationalisme en Iran

Vu comme « perdant » aux Etats-Unis, le régime iranien sort au contraire « renforcé » de cet affrontement dans son pays. « Il y a un sursaut nationaliste en Iran qui a surpris tout le monde : regardez la foule qui s’est rassemblée pour rendre hommage à Soleimani. Et dans la région, la solidarité exprimée par les pays voisins est une réalité », commente Thierry Coville.

Jean-Eric Branaa estime toutefois que l’Iran a montré les limites de sa puissance en attaquant des bases vidées de leurs soldats, assurance de ne pas faire de victime. « On dirait qu’on est dans la cour de l’école quand on dit que l’Iran a perdu toute crédibilité en ne répondant pas », regrette Thierry Coville. « L’Iran, ce régime qu’on dit agressif et imprévisible a montré au contraire beaucoup de responsabilité », affirme-t-il.

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