France: Une députée noire représentée en esclave dans un magazine

■ La députée de La France insoumise a qualifié de « merde raciste » le récit et les illustrations qui la dépeignent en esclave

Son nom est affiché en Une du magazine cette semaine. « Danièle Obono au temps de l’esclavage ! » est-il annoncé sur la couverture de Valeurs Actuelles.

Derrière ce titre se cache un épisode de la « politique-fiction de l’été » du journal qui s’amuse à imaginer une réalité parallèle. Dans l’édition du 27 août, les journalistes s’attachent à raconter l’histoire d’« Obono l’Africaine, où la députée insoumise expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage », selon les termes de l’article.
En plus d’accumuler les stéréotypes au fil des sept pages consacrées à ce sujet, les illustrations du magazine choquent. Parmi elles, un dessin représentant Danièle Obono, chaînes au cou, en tant qu’esclave. La députée a réagi sur son compte Twitter ce vendredi.

« Il paraît “Qu’on-Peut-Pu-Rien-Dire”, commente-t-elle. Heureusement on peut encore écrire de la merde raciste dans un torchon illustrée par les images d’une députée française noire africaine repeinte en esclave… L’extrême-droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même. »

La classe politique s’empare du sujet

Le sujet a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Les femmes et les hommes politiques, de tous bords, ont saisi leur clavier pour réagir à l’article de Valeurs Actuelles. 

Jean-Luc Mélenchon a notamment demandé que cesse « le harcèlement nauséabond contre Danièle Obono », et Benoît Hamon a exprimé « toute [sa] solidarité à Danièle Obono, bafouée par la presse d’extrême droite. »

De son côté, Élisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, condamne totalement cette publication. « Faire l’apologie du racisme est contraire aux valeurs républicaines. Je ne partage pas les idées de Danièle Obono, mais aujourd’hui je lui apporte tout mon soutien », a-t-elle écrit sur son compte Twitter.

Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a quant à lui évoqué une « nouvelle abjection de Valeurs Actuelles ». Selon lui, représenter la députée en tant qu’esclave est « la place que fantasme pour les Noirs ce torchon d’extrême droite. »

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