Analyse: Licences de pêche : Après Khouraichy Thiam,va-t-on vers l’affaire Alioune Ndoye?

Si les eaux sénégalaises pouvaient pleurer à cause des activités de bateaux de pêche,leurs larmes allaient déjà inonder tout le Sénégal. Du temps du président Abdoulaye Wade à l’actuel président Macky Sall, jamais les bateaux de pêche n’ont cessé d’exercer leurs activités en réalité.

Ibrahima Diédhiou – Chargé des questions environnementales 2stv

Petit rappel chronologique, année 2011.
A cette année, surgit l’affaire Khouraichy Thiam,du nom de l’ancien ministre de la pêche sous l’ère Abdoulaye, par qui d’innombrables licences de pêche sont passées au profit des bateaux Russes. Ce qui fut qualifié de plus grand gros scandal de la pêche avait fini d’irriter les acteurs de la pêche . Ces fameuses autorisations en plus de leurs dégâts écologiques jusque inestimés avaient fini de priver des milliards de FCFA à l’État du Sénégal selon des acteurs. Le Sénégal n’aurait pas bénéficié le maximum de profit sur ces licences. Sur les milliards que l’État devrait empocher, des zones d’ombres planent jusqu’à ce jour.

199 bateaux dans les eaux sénégalaises

Selon les données officielles, du fait des accords de pêche et certaines autorisations, le nombre de licences octroyé aux bateaux de pêche est passé de cent-dix-huit (118) en 2009 à cent-dix-neuf(199 ) en 2019. Soit une hausse de 68,4% en seulement dix (10) ans.

Il s’agit de trente-deux ( 32 ) navires européens , douze (12) navires gambiens , un(1) navire cap-verdien et cent cinquante quatre (154) navires sénégalais. Soit vingt et un (21) bateaux de plus en l’espace d’un an.( 2018-2019) selon les chiffres de la CCALP (Commission consultative d’Attribution des Licences de Pêche).

A cette année 2018-2019, cent soixante dix-sept ( 177) bateaux sont autorisés. A ces navires, il faudrait pas s’étonner d’y retrouver les cinquante-deux ( 52) autres dont les demandes sont déjà sur la table du ministre de la pêche et de l’économie maritime.

Plus de 20 bateaux pris en flagrant délit.

Rien qu’en 2018, les patrouilles de la marine nationale et l’expédition en mer de greenpeace avaient fini par mettre la main sur une vingtaine de bateaux étrangers.

Soit treize (13) bateaux par greenpeace et sept (7 ) par la marine nationale . Ajouter à ces chiffres d’autres navires arraisonnés par les vaillants soldats de la marine depuis 2019 et dont le dernier en date remonte il y’a juste quelques mois avec notamment le bateau appelé Navigator pris en flagrant délit à hauteur de Saint-Louis.

Et ce chiffre n’est que la face visible de l’iceberg. D’innombrables autres chalutiers y opèrent clandestinement ou sous certaines protections et privilèges selon des sources bien au fait. Des phénomènes qui allongent l’effort de pêche et également

la pêche INN(Illicite Non déclarée et Non réglementée) responsable d’au moins cent-cinquante (150 )milliards Fcfa de perte annuelle, avec aussi toutes les conséquences écologiques et économiques, cf rapport du CRODT 2018 (Centre de Recherches Océanographiques de Dakar -Thiaroye ). Ledit rapport révèle que les ressources surtout pélagiques sont fortement surexploitées par les bateaux de pêche industrielle.

Alioune Ndoye Vs Saer Seck, ou la “guerre” des deux.

Sommes nous en train d’assister à un conflit d’intérêt entre le ministre de la pêche et le président du GAIPES (Groupement des Armateurs et Industriels de la pêche au Sénégal)?

Au vu des sorties médiatiques notées et certaines révélations,tout laisserait à le croire.
Par presse interposé, tous les deux y compris certains éléments de leurs
entourages respectifs, sont entrés en “guerre” ,une guerre à laquelle le citoyen reste pour l’instant spectateur, mais mérite d’être clarifié et surtout d’être rassuré.

En une semaine le ministre Alioune Ndoye aussi bien sur le plateau de télévision privées que publiques, se défendait sur son engagement à la tête du ministère. Il en profitait pour lancer des pics à son désormais “adversaire”,le président du GAIPES pour ne pas le nommer, à qui il accuse d’avoir arrêté les travaux de la CCALP alors que cette dernière devait statuer sur certains dossiers de licence.

Question,de quel pouvoir le GAIPES peut -il se prévaloir pour bloquer de tel travaux?
Non monsieur le ministre Alioune Ndoye!
Notre conscience ne pourrait jamais accepter une telle déclaration, à moins qu’on nous dise que l’Etat a été impuissant face au GAIPES. Ce qui serait d’ailleurs plus grave encore.

Monsieur le ministre rien ne devrait vous empêcher de faire l’audit nécessaire de la flotte sénégalaise.
Dans ce même bras de fer,du côté du GAIPES dirigé par Saer Seck,la réplique ne se fait pas attendre sur des plateaux de télévision ou de réseaux sociaux .

Quand la bataille médiatique prend le dessus sur l’essentiel

En lieu et place du seul combat qui vaille, l’on semble assister à une bataille médiatique entre d’un côté le ministre de la pêche monsieur Alioune Ndoye, et le GAIPES dirigé par Saer Seck.
Pour justifier leur position sur cette question d’intérêt national, chaque camp avec sa tactique.

Côté GAIPES,l’heure est à la mobilisation des troupes. Plusieurs regroupements de pêcheurs et autres acteurs de la pêche dont la société civile ont exprimé leur engagement au côté du GAIPES pour dire non à une éventuelle attribution de licences de pêche aux navires étrangers . Une lettre ouverte au président Macky Sall, cosignée par ces acteurs a fait la une des médias pour alerter sur le danger des bateaux de pêche.(cf lien)

https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://www.gaipes.sn/&ved=
2ahUKEwj33cyH6MPpAhVcQ0EAHZvzD3sQFjACegQIARAB&usg=AOvVaw1bSP9rqgfOmJ1EFnQLSzB9

.Au même moment une réplique est apparemment orchestrée à travers une autre vidéo qui loue les avantages des bateaux étrangers.(voir liens ci-dessous)

https://youtu.be/weyTA1_LeuE
suivi par une autre vidéo qui à son tour alerte sur le grand danger de ces bateaux(cf lien ci-dessous)

. https://youtu.be/WX32RxMdtrM

Après Khouraichy Thiam va t-on vers l’affaire Alioune Ndoye ?

La ministre de la pêche et de l’économie maritime monsieur Alioune Ndoye a-t-il vraiment dit tout ce qu’il en ai concernant l’affaire des licences de pêche destinées aux navires étrangers ? N’a-t-il vraiment pas encore signé une quelconque licence jcomme il ne cesse de le répéter?

La réponse à cette question est plus qu’une urgence vu de nombreuses révélations qui ne cessent de faire la une des médias et des réseaux malgré ses tentatives de contraindre les auteurs de ces allégations à garder le silence.

A titre d’illustration l’on se souvient du titre de cet article du mercredi 06 mai 2020 du quotidien “le témoin” . Le titre de l’article ne devrait pas plaire. octroi de licences: Alioune Ndoye dans les filets de fu yuan yu 9889 écrivaient nos confrères.

Dans cet article, le ministre de la pêche est accusé d’avoir signé une licence au profit d’un navire chinois dont la “sénégalisation” serait précipitée. Une information qui si elle est avérée vrai remettrait en cause la déclaration du ministre Alioune Ndoye sur le plateau de la Rts.

En effet dans l’émission “le point “,le ministre de la pêche avait laissé entendre que depuis qu’il est à la tête de ce ministère il n’a jamais signé de licence pour un quelconque navire. Une déclaration qui à ce jour, ne rassure guère plusieurs acteurs.

Autre interrogation,quel motif privilégierait la délivrance de licences à des bateaux au moment où des autorisations de nouvelles immatriculations de pirogues sont gelées dans le but d’amoindrir la pression exercée sur la ressource ?

L’alerte de la CCALP


Si le rôle de la CCALP (Commission consultative d’Attribution des Licences de Pêche) était réellement considéré à sa juste valeur, seul son avis devait servir de gouvernaille ou de boussol à l’Etat du Sénégal pour décider de l’octroi ou non d’une quelconque licence de pêche. Mais ceci n’est qu’une utopie. Et au sein de cette commission cela est connu presque de tous.

L’avis du groupe d’experts de compétences variées et incontestables que constitue la CCALP et à qui nous devons oser faire confiance jusqu’à preuve du contraire, ne pèse pas lourd malgré sa forte composition suivante:

Président : le Directeur des Pêches maritimes ;
Secrétaire : le Chef du Bureau des licences à la Direction des Pêches maritimes (DPM)
Membres :
un représentant de la Primature ;
le Directeur général de l’Agence Nationale des Affaires Maritimes ;
le Directeur de la Protection et de la Surveillance des Pêches ;
le Directeur des Industries de Transformation de la Pêche ;
le Conseiller juridique du Ministre chargé de la Pêche ;
le Coordonnateur de la Cellule d’Etudes et de Planification ;
un représentant du Ministère des Forces armées ;
un représentant du Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye ;
un représentant du Ministère chargé des Finances ;
deux représentants des Armateurs et Industriels de la pêche ;
un représentant de la pêche artisanale).

La décision finale revient malgré tout à l’autorité qui pourrait faire table rase de tout cela, tente de nous faire comprendre un des membres. Interpellé sur les chances de voir leur avis pris en charge par l’autorité, le sentiment de notre interlocuteur dont nous tairons le nom est plus que révélateur.

“vous connaissez ma position personnelle sur ces licences de pêche qui sont une catastrophe pour notrepays. Mais vous savez pour être honnête je ne pense pas que les recommandations qui sortiront de notre commission puissent être respectées forcément par l’autorité .
En effet le commission n’a aucune force pour décider de quoi que ce soit. Elle donne juste un avis et c’est au sommet de l’État en commençant par le ministre de la pêche que tout se décide”
a t-il révélé avec un ton dépassé et désespéré.

Ce que le ministre Alioune Ndoye doit dire aux sénégalais.
Dans un document distribué à plusieurs acteurs clés, 52 bateaux étrangers en quête de licences de pêche y sont recensés en attendant d’étudier leurs dossiers.

Parmi ces bateaux, figurent les indices de noms suivants : (FUYUANYU , ZHENYUAN YU, BOYUAN,SHENG HAI,JIN SHENG SHUI…) .

Malgré les sorties du ministre, une partie de l’opinion reste convaincue que tout n’est pas encore dit.

D’autres acteurs soupçonnent des manœuvres pour faire taire d’autres éléments clés du secteur.

Les 2 milliards du ministre ou le cadeau empoisonné
La goutte d’eau qui alimente ces inquiétudes c’est l’enveloppe de deux milliards de FCFA (2.000.000.000) que le ministre Alioune Ndoye aurait proposé aux organisations de la pêche artisanale et industrielle en guise d’encouragement. Ce “plan marshall” est vite déjoué par une bonne partie des bénéficiaires. Cette enveloppe qui serait tirée de la ligne budgétaire de financement appelée Caisse d’Encouragement de la Pêche Industrielle et Artisanale (CEPIA) est très mal vue par les acteurs. Du saupoudrage dénoncent les potentiels bénéficiaires qui la qualifient de cadeau empoisonné. Ils s’interrogent sur les bien-fondés d’un tel privilège qu’ils n’ont d’ailleurs jamais pu bénéficié. Sur toutes ces questions soulevées,ce que l’on ne dit jamais, c’est ce que gagne une autorité en opposant juste sa signature sur une licence de pêche ?

Le paradoxe du GAIPES

En dénonçant les tentatives d’octroi de licences aux navires chinois, turcs, coréens etc, le GAIPES semble démontrer un engagement sans faille pour la préservation de nos ressources halieutiques traquées de tout bord. Ce que la plupart des sénégalais adhère également. Mais le paradoxe dans tout cela, est que, au même moment où le GAIPES dénonce les pratiques des bateaux étrangers, il oublie que lui aussi exerce ces mêmes pratiques presque.
Au moment où l’on crie non aux bateaux étrangers cités, le GAIPES travaille également avec des bateaux européens selon des sources qui sont à des niveaux stratégiques, même si du côté du GAIPES l’on évoque une certaine réglementation de leurs activités.

Pire en matière de respect des règles établies,les bateaux du GAIPES seraient en flagrant délit perpétuel à en croire le ministre de la pêche ,car ne respectant pas certaines réglementations comme les délimitations des zones de pêche etc. Les bateaux du GAIPES opèrent jusque même dans des zones réservées aux pêcheurs artisanaux dénonce des acteurs. Et dans un passé un peu récent, les pirogues des pêcheurs artisanaux en ont fait les frais témoigne une source témoin oculaire de cet incident.

Le manque d’engagement du GAIPES pour appuyer le CRODT en matière de recherche est aussi un des reproches faits à l’endroit du GAIPES. Sauf que là aussi, c’est à l’État qu’incombe en premier lieu cette lourde tâche.

Le peuple sénégalais,les pêcheurs artisanaux les grand perdants

Plus de 600.000 emplois directs et indirects générés par le secteur de pêche selon les chiffres officiels. En terme de recette aussi,rien qu’en 2018,le secteur de la pêche a injecté dans les caisses de l’Etat une somme de 272,466 milliards FCFA dont 76% provenant de la pêche artisanale, et soit un débarquement total de plus de 524.000 tonnes. Mais qu’est ce qu’il en sera si jamais la ressource n’est pas bien gérée. Et au rythme où vont les choses,si la ressource n’est pas bien préservée et gérer de manière rationnelle, l’on peut prédire des conséquences aussi bien sur la perte des emplois,que sur l’insécurité alimentaire de la population sénégalaise qui en dépend grandement et notamment en terme d’apport en protéine. La raison n’est pas à chercher loin, les dégâts que cause un seul chalutier en une seul journée sont inimaginables, à en déduire dès lors ce que plus de 50 bateaux feront comme désastre.

Le merlu,le thon,la sardinelle(yaboye), le thon.. les cibles des bateaux étrangers

Dans le viseur des bateaux de pêche étrangers, figurent en bonne place les
espèces suivants: la sardinelle (yaboye), le thon,le chinchard, et aussi le merlu entre autres. Des espèces pourtant réservées surtout à la pêche artisanale, fournisseur du marché local. Ces espèces bien que surexploitées et qui font déjà la cible des bateaux étrangers ,risquent de voir leur stock s’effondrer s’ils ne le sont pas déjà.

En effet rien que pour le merlu,il est gravement surexploitée . entre 2009 et 2019, l’exploitation de cette espèce a connu une hausse de 220% selon le rapport de la CCALP. Une hausse provoquée depuis la signature d’accord entre le Sénégal et l’Union Européenne, au point que suggestion soit donnée au CRODT pour évaluer le potentiel existant .

Du médecin après la mort semblons nous assister. La logique de pêche exigeant l’estimation du stock avant toute autorisation ou octroi de licence afin d’éviter toute conséquence ou déséquilibre écologique.

Les chalutiers, des bulldozers sous-marin

Avec comme méthode de pêches l’utilisation des filets dérivants pour la plupart, les bateaux de pêche procèdent comme des bulldozers, même si l’on semble leurrer le citoyen en essayant de faire croire que ces chalutiers vont pêcher des espèces bien déterminées.

Qu’on nous le démontre .Surtout qu’en matière d’observateurs en mer, notre pays peine à assurer correctement ce travail. Pire, ceux qui s’y aventurent sont gravement exposés. Dans un passé récent, d’autres observateurs on fait un voyage sans retour selon leurs collègues.

A ce jour seul les secrets des profondeurs marins peuvent nous dire exactement ce qu’il en était. Si ce ne sont pas des risques liés à la sécurité physique des agents contrôleurs ou observateurs, ce sont des tentatives de corruption à mallette auxquelles ne peuvent résister que quelques exceptionnels patriotes.
Et que dire aussi la fraude au tonnage? Des pratiques très fréquentes des chalutiers.

Signera signera pas, ce que le chef de l’Etat va décider

Pour trouver une réponse appropriée à cette question qui alimente débats et inquiétudes, l’arbitrage du chef de l’État est grandement attendu par les acteurs et aussi par les citoyens. Mais dans de pareilles situations,la position du chef de l’État ne doit en aucun cas être en déphasage avec ses engagements pris en 2012 lors de la campagne électorale et aussi celui pris au niveau international.

Rappel historique, le 15 mai 2013 aux Etats-unis.

Aux États-Unis, ‘une cérémonie officielle de remise de Prix de la sixième édition des « Peter Benchley Ocean Awards1» s’est tenue à Washington DC précisément le 15 mai 2013. Parmi les lauréats, le Président Macky Sall, primé par Greenpeace international pour son engagement en faveur de la protection des ressources halieutiques au Sénégal. Son excellence Macky Sall avait pris l’engagement ferme de mettre fin aux pratiques notées avec le régime de Wade surtout avec la fameuse affaire Khouraichy. Comme décision prise à l’époque par le président Macky Sall, c’est le gel des licences octroyées à ces bateaux Russes. Et aujourd’hui meilleur moment ne pouvait être trouvé pour réaffirmer cette position.

L’appel au chef de l’État

Ce qui est attendu du chef de l’État c’est de maintenir le gel ou l’arrêt de tout octroi de licences de pêche jusqu’à ce que des études scientifiques prouvent que les stocks de poissons dans les eaux sénégalaises se sont reconstitués. Ce qui n’est pas encore le cas si l’on se réfère aux derniers rapport du CRODT et des autres instances sous-régionales qui font état d’une forte pression exercée sur les ressources surtout pélagiques, gravement surexploitées..

Le coordination sous régionale, un impératif

Autre élément à prendre en considération c’est la coordination sincère entre les pays de la sous région . Le poisson étant une ressource partagée, il est capitale d’avoir une gestion rationnelle et concertée entre les pays partageant les mêmes stocks, car pour que le mesures prises par le Sénégal aient l’effet escompté il va falloir que de l’autre côté les États de la sous région les appliquent également . Et c’est là aussi l’autre défi, auquel le Sénégal pourrait bien incarner le leadership,en donnant plus de force à la commission sous-régionale de pêche jusque là impuissante et en imposant des lois contraignantes pour tous les pays concernés. Mais pourvu que le “sunu gal” par le biais du chef de l’État, en donne le bon exemple à travers déjà cette affaire de licences de pêche qui perturbe le sommeil de presque tout le peuple.

Vive la préservation de nos ressources !
Vive le Sénégal !

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